Le grimoire qui changera la vie #5/7 : la révolte

 

le grimoire qui changera la vie d'angélique malakh

Le cyclope hurla. Des lutins mordirent la chair de chacune de ses extrémités, d’autres se firent la courte échelle pour parvenir jusqu’au-dessus de ses bottes. Les suivants se hissèrent et grimpèrent sur le corps massif de leur bourreau. Le cyclope tournoya sur lui-même, agitant ses membres dans les airs. Clara encouragea les lutins. Rapidement le cyclope tituba et, dans un vacarme, il s’écrasa au sol. Une nuée de petits corps le recouvrit, lui boucha les narines et fit du trampoline sur sa paupière étirée par des mains minuscules.

Clara descendit de la table et partit à la recherche de quoi l’attacher. Sur un des plateaux, elle aperçut une production de poupée de Wonder Woman. Elle se hissa sur le plan de travail, saisit plusieurs lassos, et en les sifflant, elle les jeta vers les lutins. Une fois qu’elle les eut tous envoyés, elle poursuivit sa course vers une seconde zone de fabrication. Il s’agissait de mallettes de magicien. Les lutins avaient ficelé leur tortionnaire qui rampait tant qu’il le pouvait. Clara sortit une baguette en bois d’une des boîtes.

— Si j’ai pu venir ici, il n’y a aucune raison que la magie n’existe pas ! s’encouragea-t-elle.

Elle descendit et retrouva les lutins euphoriques d’avoir terrassé le géant. Clara se positionna au niveau de la tête du cyclope. Elle tapa le bout de la baguette magique plusieurs fois sur son crâne.

— Abracadabra, que ce méchant cyclope rejoigne un monde à la hauteur de ses valeurs, formula la jeune fille, l’avant-bras tendu.

Des crépitements accompagnés d’étincelles englobèrent le corps massif du tortionnaire. Clara voulut saisir le trousseau avant qu’il ne disparaisse, mais il était trop tard. Une sombre empreinte fumante s’incrusta dans le sol du hangar à l’endroit où il se dandinait quelques instants auparavant.

— Mince, je suis désolée, s’exclama-t-elle, le menton baissé face à l’attroupement des lutins.

— De quoi ? De nous avoir encouragés à trouver les ressources en nous afin de nous libérer du joug d’un monstre ? De l’avoir envoyé dans un monde aussi sombre que lui-même ? Ne sois pas déçue, petite fille. Nous te devons beaucoup, la rassura l’un d’entre eux, en posant sa main sur la hanche de Clara.

— Mais vous êtes encore enchaînés, rajouta-t-elle, la mine déconfite.

— Peut-être que tu peux encore utiliser ta baguette ? ricana celui à qui elle avait sauvé la vie en s’avançant dans une haie d’honneur.

Il était dans un piteux état et trois de ses frères le portaient avec délicatesse.

— Tu as raison, répliqua-t-elle, avec enthousiasme. Abracadabra, que vous soyez tous libres de corps et d’esprit, articula-t-elle, en premier. (Elle s’approcha du grand blessé.)  Abracadabra, que tu retrouves une santé parfaite, ajouta l’adolescente, radieuse.

La créature lévita dans un halo lumineux et des craquements rompirent le silence ambiant. Chacun retenait son souffle et patientait. Le lutin retrouva le sol en dévisageant l’assistance. Avec appréhension, il se mit debout, fit quelques pas chaloupés et se jeta au cou de Clara, les larmes aux yeux.

— Merci, merci du fond du cœur.

Les uns après les autres, les petits lutins l’étreignirent et la remercièrent de son aide. Après cette vague chaleureuse, la réalité reprit le dessus dans les esprits.

 

À suivre…

 

Pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.