Extrait #1 Amère vengeance -Tome 2 de Siobhan, Fille d’Odin

Ça fait un moment que je ne vous avais pas partagé d’extrait inédit avant corrections définitives 🙂

Comme je travaille actuellement sur Amère vengeance, la suite de Siobhan, File d’Odin, je vous offre aujourd’hui un extrait brut de ce roman qui sortira EN 2020 .

C’est parti pour une immersion dans le repère des vampires du district de Rodez,

Bonne lecture

😉

“Une bulle métaphysique contenait ma magie et rendait toute détection impossible. Protégée, je me relâchai. Mes mains s’appuyèrent sur le lavabo en porcelaine violet. J’eus un temps d’arrêt. Ava possédait vraiment des goûts qui laissaient à désirer. Ma tête ballante vers la cuvette, je soufflai avec une cadence imposée. Ma force magique refusait de refluer. J’avais un gros problème. Soit elle s’exprimait et mon identité était corrompue pour toujours sur Terre, trop de monde m’avait vu tant dans les cercles vampiriques que chez les humains locaux. Soit je trouvais rapidement une solution pour me délester d’une partie. La seconde option m’arrangeait davantage, sauf que j’ignorais comment y parvenir.

— Fais chier ! Putain de macchabées de merde ! Jusqu’au bout, ils vont m’énerver !

 Je m’aspergeai d’eau fraîche. Le miroir à l’encadrement d’or me renvoyait une image peu valorisante. Comment allais-je me sortir de ce guêpier ? Pour une fois, l’inconnu me paniquait. L’inquiétude de devoir tuer toute une région vrillait mes entrailles. Le souci supplémentaire : sans me faire repérer. Mission impossible, même si… ma paume s’écrasa contre la céramique du lavabo. J’avais merdé, il n’y avait rien d’autre à dire. Cette mission était un fiasco complet. Mon pilier Eddy avait raison. Mes émotions me rattrapaient et elles avaient choisi le pire moment de mon existence pour le faire. Tant qu’à faire, c’était plus drôle que ce soit en plein milieu d’un repère de vampires…

— Père Odin, accordez-moi la force nécessaire pour mener à bien ma mission, je Vous en prie, scandai-je en fixant mon reflet dans le miroir.

 Celui-ci se délita, ce qui n’avait rien de surprenant au vu de ma requête. Pourtant, l’image qui apparut me glaça.

— Freya ? s’étonna Christophe Silver qui me scrutait de l’autre côté du miroir.

 Il me fallut une fraction de seconde pour retrouver un semblant de voix.

— Oui… J’ignore pourquoi c’est toi qui m’apparais, mais il doit y avoir une raison.

— Au nom de la Déesse, comment as-tu fait ? s’exclama-t-il en secouant la tête.

— C’est pas ma priorité ! J’ai un gros problème.

— Je m’en doute. Je sens le feu qui t’anime. Il me consume depuis que je te vois dans la fenêtre de cette voiture, comme si tu étais en face de moi.

Son visage se ferma et ses yeux se voilèrent.

— Je ne sais pas pourquoi, mais ma magie tente de m’échapper. J’ai peur… (Je me raclai la gorge.) de perdre le contrôle.

— Que veux-tu que je fasse ? rétorqua-t-il avec aplomb, sans la moindre hésitation.

Le métamorphe Élémentaire qui me faisait face ne me connaissait pas, il y a quelques jours encore. Je l’avais rabroué à chacune de nos rencontres. Et pourtant, à l’instant où je lui demandais de m’aider, il se montrait présent.

— Que peux-tu faire pour la canaliser ? le coupai-je, en ignorant tout d’un éventuel protocole.

— Nous n’avons pas eu le temps d’en parler, mais notre connexion semble effective. C’est sûrement grâce à elle que l’on peut se parler, sauf que nous ne devrions pas être capables d’y parvenir avant plusieurs années de cette manière ! Jamais encore, je n’avais entendu parler…

— Je ne veux pas te paraître ingrate ou que tu crois que je me moque de tes explications, mais je n’ai pas le temps pour ça ! Peux-tu m’aider à canaliser mon énergie, oui ou non ?

— Oui, c’est possible.

 Je soufflai bruyamment, malgré moi. Enfin, une bonne nouvelle !

— Alors, fais-le ! insistai-je en haussant les épaules.

— Ça ne marche pas comme ça. Nous devons le faire ensemble. Centre-toi dans ton cœur et connecte-toi au lien qui nous unit. Tu dois sentir que je suis en toi, quelque part. Trouve mon empreinte au fond de toi et envoie-moi ton excédent. Je m’en arrangerai ensuite.

— Attends ! l’interrompis-je en comprenant. Christophe, tu te souviens de ce que je suis…

— Je ne suis pas idiot. Tu es une Fille d’Odin, tu me l’as déjà dit, lors de la concrétisation du lien.

— Tu es certain d’être capable de gérer mon type de magie ? m’étonnai-je.

— Dois-je te rappeler que je suis le métamorphe Élémentaire qui t’est destiné, s’offusqua-t-il, ses pupilles s’étirant à la verticale.

— Comme tu le sens, par contre je me décharge de tout problème que tu rencontrerais, annonçais-je en me redressant les mains en l’air, face au miroir.

— Ta sollicitude et ton empathie me vont droit au cœur, ironisa-t-il, la mâchoire serrée.

— Si tu rêvais d’une sorcière compatissante et attentionnée, tu vas être déçu.

Christophe me détailla quelques secondes puis sa main fourragea sa chevelure châtain, répandant de longues mèches sur ses épaules.

— Cherche le lien ! ordonna-t-il, le regard assombri par la contrariété et ses sourcils froncés.

Les paupières closes, je sondai mon esprit puis descendit jusqu’à ce qui me servait de cœur. Je n’y percevais rien en dehors du néant. Une nuit sans étoile, d’une opacité sans nom. J’allais abandonner, râlant d’avoir cru que le lien entre Christophe et moi était réel, quand une décharge électrique me parcourut la moelle épinière. Mon corps tangua avant que je perçoive un point lumineux dans l’obscurité. Tout d’abord minuscule, à peine discernable, puis de plus en plus intense et rayonnant. Je fixai mon attention sur lui. Mon être se contracta lorsque je fus engloutie dans une bulle iridescente et immaculée. Alors c’était ça, la matérialisation du lien entre une sorcière et un métamorphe Élémentaire ? Je la laissai m’engloutir et une fois en sécurité à l’intérieur, je baissai complètement mes barrières métaphysiques. L’énergie blanchâtre se macula d’une multitude de stries rouges sanguines. Plus la bulle devenait vermillon, plus ma tension et mon rythme cardiaque s’apaisaient. Avant que la puissance de cette source magique soit complètement transmutée, je m’extrayai hors de ce sas protecteur et apaisant. Ma conscience reprit sa place. Mes yeux s’ouvrirent sur ceux de Christophe qui s’étaient transformés en ceux de son tigre. Ils me fixaient, son visage figé comme en état de choc. Je n’avais pas le temps pour le materner et m’assurer de savoir comment il gèrerait la suite. Lui était en liberté sous le ciel aveyronnais, alors que je me trouvais au milieu d’un repère de macchabées dont la gouverneure avait ordonné l’assassinat de ma mère. Mon cas était plus embêtant que le sien…

— Merci, Christophe, dis-je. 

  Je me lavai les mains, puis fermai l’arrivée d’eau froide.

— J’ignorais que c’était ça, bredouilla-t-il, hébété.

— Nous en parlerons quand j’en aurai fini ici.”

 

Les 3 opus de la série déjà disponibles sont ici.

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