Processus créatif #1 : Comment je sélectionne mes histoires ?

Aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler : processus créatif. Entrons dans les coulisses de mon travail d’autrice 😉

 

Tout d’abord, il faut que je vous explique comment prennent vie mes histoires. 🙂

angélique malakh

Depuis que je suis gamine, le processus est toujours le même. Un matin, je me réveille avec le souvenir d’un film fantasmagorique auquel j’ai assisté telle une déité omnisciente. Souvent, je garde l’empreinte d’un personnage et de sensations physiques intenses comme si j’étais à sa place au réveil. Ça m’arrive plusieurs fois par mois avec des périodes plus créatives que d’autres.

Comment je fais pour savoir si une histoire en vaut la peine ? 

Le signe pour que je sélectionne une histoire parmi la multitude de celles que j’imagine au fil des semaines est tout simple 🙂

J’ignore si c’est pareil pour tout les auteurs, mais pour ma part, une fois que j’ai “vu” l’intrigue dans ma tête, les personnages et leurs aventures m’obsèdent jusqu’à ce que je couche la trame sur papier. Ça devient un besoin viscéral qui me pèse jusqu’à ce que je le matérialise d’une manière à l’écrit. Si je ne subis pas cet état obsessionnel incontrôlable qui prend le dessus sur le reste de ma vie, je laisse l’histoire disparaître pour servir à autre chose plus tard.

Et après ? 

À partir du moment où j’ai écrit la trame de l’histoire, deux phénomènes se produisent en fonction des cas.

Soit il s’agit d’une série et je “reçois” la suite au cours des nuits suivantes. Soit je peux souffler et poursuivre mes activités, soulagée.

Dans le cas d’histoires en plusieurs trames, ce qui est rigolo, c’est que mes rêves reprennent toujours là où ils se sont arrêtés 😉 ce qui est pratique pour ne pas perdre le fil ou avoir des trous dans l’intrigue !

Le revers de la médaille

angélique malakh

Vous allez me dire : ” C’est trop cool ! Vous n’avez rien à faire !”. En effet, mon subconscient m’a mâché une grande partie du travail 😉 Pour autant, avoir une trame d’histoire est différent d’obtenir un livre à publier !

Lorsque le temps d’écrire cette histoire est venu, il me faut retranscrire des images, des sensations et des émotions, qui me parcourent, avec le plus de justesse et de précision possible. Sachant que je me donne pour mission de tout faire afin de dénaturer au minimum l’histoire d’origine, parfois ça devient compliqué… C’est ainsi que la majorité des noms de mes personnages me sont “imposés”, comme je vous l’avais confié ici.

La précision va jusqu’à l’obsession parfois ! Le phénomène s’est produit à plusieurs reprises déjà notamment pour des scènes qui m’indisposaient.

Je m’explique 🙂

Prenons le cas de la scène finale avec Haziel dans L’éclosion des élus (pour ce qui l’ont lu 🙂 ) Elle est mon personnage féminin préférée. Il lui arrive une expérience horrible dans le scénario que j’ai vu dans mes rêves. J’ai voulu modifier cette partie lorsque que j’étais en train de l’écrire.

Vous n’imaginez pas combien ça a été pénible ! Durant 4 nuits, j’ai revu en détail cette même scène jusqu’à ce que j’accepte enfin de l’écrire telle qu’elle m’avait été montrée… Dès que j’ai eu fini, j’ai pu enfin retrouver des nuits plus douces.

J’ai vécu le même phénomène pour les scènes de sexe entre Will et Grace dans Le match d’une vie.

Au départ, je ne voulais pas écrire un roman aussi épicé. Des scènes de sexe pour le sexe ou pour vendre plus de livre ne m’intéresse absolument pas. Je ne les écris qu’à partir du moment, où elles apportent une valeur concrète à l’histoire.

Dans le cas de la relation entre le policier et la romancière, le sexe est le vecteur qui permet la rencontre. C’est à travers l’abandon de leur corps qu’ils s’ouvrent à l’autre, qu’ils acceptent de rouvrir leur coeur meurtri. J’ai envisagé de couper 2 scènes que je ne trouvais pas indispensables à l’intrigue lors de la correction. Je vous le donne en mille ! J’ai vécu deux nuits torrides à les observer 😉 jusqu’à ce que je réintègre lesdites scènes.

Dans leur cas, l’obsession est plus sympa que celle que je vis lorsque je travaille dans l’univers de Siobhan, comme actuellement sur Amère vengeance, le tome 2.

Je croise les doigts pour que les autres soient plus faciles à transcrire que celui-ci ! Ok, dans chacun des autres tomes, il y aura quelques passages vraiment pas top, dont 2 au tome 3 que j’appréhende déjà 🙁

Revenons au tome de Siobhan, Fille d’Odin qui nous intéresse 🙂 Je suis sur ce tome précisément depuis plus 2 ans !! Oui, vous avez bien lu.

Pour resituer, j’écris mes premiers jets en moyenne entre 15 jours et 1 mois. Ensuite, je passe plusieurs mois à corriger et peaufiner les différentes versions après avoir laissé le texte se reposer dans un coin.

Ce roman est le premier parmi les 17 que j’ai écrit qui me donne autant de difficultés. L’atmosphère est très sombre, les scènes violentes sont plus nombreuses que dans Dissonance, et surtout, émotionnellement, les personnages en prennent plein le coeur ! Ce qui signifie clairement pour une empathique comme moi : être aussi secouée qu’eux…

Amère vengeance est objectivement le plus rude de mes romans, à ce jour.

J’ai souffert au côté de Marissa durant la scène avec Adrien dans Michaël, Dark & Light, mais rien à voir comparé à ce que je vis avec Siobhan et ses compagnons.

Après chaque séance de travail, je finis sur les rotules comme après un round de boxe. Je suis exsangue, vidée de mon énergie et dans une humeur digne de la sorcière… Oui, vous pouvez envoyer toutes vos pensées compatissantes à mes proches qui me supportent durant ces périodes. 

Avec le recul, mon processus créatif est harmonieux.
À l’image de la vie, il est dans l’équilibre.

angélique malakh

J’ai de la facilité pour inventer des mondes entiers ainsi que des arcs narratifs avec des multi-niveaux par un travail intense de mon subconscient. Le pan obscure qui maintient la neutralité de l’expérience est l’intensité du processus immersif.

D’un autre côté, si je ne subissais pas aussi “violemment” les aventures, mon écriture serait plus lisse et j’imagine plus ennuyeuse. Je vous rassure malgré cette tension qui m’habite lors de certaines phases de travail, inventer et donner vie à ces histoires restent une passion et un plaisir.

Ça peut sembler un peu paradoxal avec ce que je viens de vous confier 🙂 Mais une fois que le roman est fini, je suis heureuse d’avoir pu me dépasser pour lui offrir tout ce dont j’étais capable à ce moment.

Bien entendu, je ne suis jamais satisfaite à 100% ! Loin de là, mais c’est une fierté personnelle de me dire que j’ai fait du mieux que je le pouvais à cet instant-là de ma vie.

Voilà, à présent, vous en savez plus sur ma manière de sélectionner mes histoires et comment mon processus créatif interne fonctionne 😉

J’espère que ces confidences vous auront plu.

N’hésitez pas à me contacter, si vous avez des questions auxquelles vous aimeriez que je réponde concernant ma manière de fonctionner ou si vous voulez que j’aborde une thématique particulière dans mon prochain billet.

J’ai hâte de vous lire 

🙂 

 

 

 

 

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